23 mai 2012
Quand les drames se bousculent...
[Note purement perso. Comme ça a été le cas une terrible journée de janvier 2011, ce blog reprend sa fonction première: juste besoin d'écrire pour me sentir mieux, pour digérer. Peut-être aussi pour rendre hommage...]
A la base, je venais sur mon blog pour relâcher la pression en parlant d'un évènement qui s'est produit hier, au coin de ma rue, et qui m'a bouleversée au point de ne pas fermer l'oeil de la nuit: une cycliste s'est fait fauchée par un car et est morte sur le coup. J'ai vu le corps sous la bâche, j'ai vu les experts de la police scientifique, j'ai du contourner le périmètre de sécurité pour atteindre mon immeuble. Un vrai gâchis. Un drame.
Mais voilà déjà qu'un autre drame arrive. Bien plus puissant, bien plus violent, dans la mesure où il me touche directement.
Je viens d'apprendre que J., une amie proche de ma famille est décédée ce matin.
Une amie qui a partagé beaucoup des petits rien de notre quotidien... Une amie qui était aussi la voisine de mes parents et qui donc était aux premières loges de nos vies. Une amie qui faisait tout ce qu'elle pouvait, quand elle le pouvait pour aider. Une amie qui nous aimait tous comme si on était sa propre famille.
Une amie contre laquelle je râlais parce qu'elle fumait chez nous et que ça puait. Une amie contre laquelle je râlais parce qu'elle avait un caractère de cochon. Une amie contre laquelle je râlais parce qu'elle était parfois soûlante, parfois collante, parfois chiante.
Une amie contre qui je râlais comme finalement je râle après ma soeur ou mes parents.
Un membre de la famille, quoi.
Une amie est partie, ce matin, et ça fait terriblement mal.
Une fois de plus...
Je pense plus que tout à toi, papa. Je ne peux qu'imaginer ta souffrance. La dignité, la classe et l'amour avec lesquels tu l'auras accompagnée jusqu'au bout me laissent admirative. Nous n'avons pas tous eu ton courage et ta force. Je t'aime aussi pour ça, en plus de tout le reste.
Mais de mon côté, je suis sensée faire quoi, moi, maintenant, de toutes ces larmes? de cette saleté de culpabilité qui me ronge pour ne pas avoir été la voir lors de mon dernier passage chez mes parents? de ne pas l'avoir rappelée parce que les infos qu'elle m'avait demandé de récupérer étaient trop douloureuses à exprimer? de mon égoïsme - finalement il n'y a pas d'autre mot - qui m'a poussé à me protéger en n'y allant pas, en ne l'appelant pas, en oubliant le réconfort que ça aurait pu lui apporter ?
Et bien rien. Je n'en fais rien. J'essaie d'encaisser. Et je pleure tout simplement notre J.

Commentaires
pensées
la façon d'aborder les difficultés est propre à chacun et dans tous les cas elle est honorable
nul ne doit juger des réactions de l'autre
votre passé est passé, vivez dans le présent embrassez ceux qui restent et vous aiment toujours
ils ont besoin de vous comme vous d'eux et sans remords
mes pensées vous accompagnentToutes mes condoléances à ta famille et à toi...
Ce n'est sans doute pas facile, mais ça ne sert à rien de culpabiliser... comment aurais-tu pu savoir ?
Et puis si on doit faire tout en fonction de ce qui pourrait nous arriver ou arriver à nos proches/amis, on ne vivrait sa vie qu'à moitié, pas pleinement, et pas comme on souhaite la vivre...La vie est semée de mauvais moments qui remettent en question notre façon de voir les choses. Perdre un être cher laisse toujours des regrets : ceux de ne pas avoir été là, de ne pas avoir passé un coup de fil ... la vie est fragile et le temps passe vite. Il y a des évènements qui remettent "les pendules à l'heure" et relativisent tous nos petits soucis qui finalement ne sont rien ...
Je pense à toi, c'est virtuel, gratuit mais sincère et dis toi que le temps n'effacera pas les souvenirs mais t'aidera à vivre sans ceux qui ont disparu. Essaie de ne pas trop culpabiliser ...Réponses
@ toutes: Merci, du fond du coeur!! Vos mots m'ont sincèrement fait du bien.
@ alex: oui, pleurer m'a fait du bien. Même s'il reste le plus dur: gérer tout le reste...
@ odile: merci pour ces mots qui me réconfortent. Venant de vous, ils me touchent tout particulièrement...
@ Kimie: je sais bien, mais c'est dur d’étouffer ce petit sentiment de ne pas avoir été à la hauteur... Il va me falloir un peu de temps.
@ daphnée: C'est ce que je me dis. C'est heureux, plein de joie de vivre, de rigolades et de délires qu'elle aimait nous voir! Le choc encaissé, il va maintenant falloir retrouver tout ça...
@ Lolotte: oui, les pendules ont été remises à l'heure, ça, c'est sûr... Je vais essayer de faire autrement ce que je peux faire autrement. et puis on verra, bien...
Ce que je vais dire pourrait également sembler gratuit mais saches que tes pensées me touchent car je les sais sincères, ma chère Lolotte!!ce qui est fait, est fait ....Tu sais , nous avons tous quelque part, des regrets vis à vis d'un comportement que nous avons eu et que nous n'aurions pas dû avoir (je l'ai eu vis à vis de ma propre mère....)alors une fois que c'est trop tard, tout ce que tu peux te dire, c'est plus jamais je ne ferais passer mon égoïsme avant parce qu'un jour, je le regrèterais! Disons que tout ceci aura eu ça de positif, te faire prendre conscience qu'on se laisse bouffer par le quotidien et qu'on en oublie l'essentiel! Mais ne te jette pas la pierre, personne n'est parfait et crois-moi, il y a des gens qui font bien pire et qui n'ont aucun regret eux.....
Je t'embrasse l'épice et je te laisse à ta peine car contre ça, je ne peux rien malheureusement!Tu sais quand on est égoïste on se fait finalement plus de mal à soi-même qu'on en fait aux autres, tu en souffres maintenant mais je suis sûre qu'elle n'a pas senti d'animosité parce que tu ne lui avais pas répondu. C'est à toi seule de te pardonner ça et c'est normal de se protéger de la peur de souffrir, c'est naturel, tu es juste humaine l'épice.
Courage, je pense à toi.Tu sais l'Epice, ça te fait mal à toi, mais ça ne lui fait pas mal à elle. C'est toujours ça quand on se rend compte qu'on a loupé le coche si légèrement alors qu'en fait c'est si important. La mort de quelqu'un donne une douleur saine. Comme un réveil poignant et profond qui nous parle des choses qui comptent et des gens qu'on a vraiment aimés.







Courage, l'épice, la vie est une chienne et la culpabilité ne sert à rien.
Pleure, ça fait du bien quand il faut.
Je te fais un gros bécot. Une pensée pour ta famille.